Née à Paris en 1976, Lamiel grandit avec la conviction que l’art est un langage nécessaire, peut-être même vital ; plus qu’un refuge, c’est une manière d’être au monde.
Autodidacte, elle explore les gestes sans maître ni dogme, s’éloigne des cadres académiques, préférant la liberté d’une création affranchie, instinctive et organique.
Poussée par le souffle du monde et l’appel des cultures, Lamiel s’égare à travers des terres lointaines où la poésie se déploie dans les gestes humbles des paysans, dans le pas des nomades, dans l’éclat brut de la terre nue.
De ses voyages naît un lien viscéral à la matière : l’argile d’abord, dans sa pureté minérale, lui offre un premier souffle, un dialogue essentiel avec la terre ; puis ce rapport à la matière s’enrichit : papiers et tissus anciens, patiemment chinés et collectés, deviennent fragments d’histoires silencieuses qu’elle assemble, détourne, révèle, tissant entre leurs fibres le fil d’une parole intime.
Ce travail d’assemblage devient peu à peu son langage de prédilection : une écriture sensible, où les textures murmurent les mémoires oubliées.
Dans son atelier parisien, Lamiel redonne vie aux fragments du passé : papiers tachés, jaunis, piqués de différentes nuances et textures, tissus et livres anciens – ce sont ses terres.
Ce qui était peut-être considéré comme une matière morte est alors récupéré afin de lui donner une nouvelle existence, un nouveau souffle, devenant de véritables parchemins de vie où se combinent le passé et le présent.
Ces matières, porteuses de mémoire, s’assemblent pour faire partie du paysage artistique dans une œuvre empreinte de sagesse et de subtilité.
Une archéologie du sensible se tisse dans le geste de l’artiste : chaque papier ancien devient matière première et point de départ d’une œuvre offrant au spectateur une méditation sur le temps et la beauté de l’usure.
Sous ses doigts, les matières s’accordent, s’écoutent et se répondent : une tache ouvre un chemin, une déchirure une direction, un pli murmure l’horizon.
En nous invitant à ralentir, à nous attarder sur ces scènes aux nuances délicates, elle propose – sans discours – une véritable leçon de philosophie.





SÉLECTION DE PIÈCES EXPOSÉES POUR LE WABI-SABI I LAB
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